FEW WORDS

Richard Dumont est né en 1982 à Québec, au Canada, et vit présentement à Amsterdam. Diplômé en graphisme du Cégep de Sainte-Foy et en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal, ses pratiques et ses intérêts artistiques se partagent principalement entre le dessin, le multimédia et la peinture. Ses thématiques touchent à l’environnement, le voyage, la biodiversité, l’ethnobotanique, les religions, le surréalisme, la science-fiction, le fantastique et le design. Son travail suit principalement deux démarches : une pratique personnelle ponctuée de concours artistiques locaux et internationaux, en parallèle à une pratique de création de jeux vidéo en milieu professionnel.

Richard a participé depuis 2004 à la conception de plusieurs titres de jeux vidéo publiés notamment par Ubisoft, Disney, Lucasarts et Square Enix. De 2004 à 2008, il travaille pour le studio montréalais Behaviour Interactive (anciennement nommé Artificial Mind and Movement). Plus récemment, de 2008 à 2010, il rejoint le studio Eidos Montréal où il participe à la conception visuelle du titre
Deus Ex Human Revolution en tant qu’artiste de concept. Cette dernière création interactive sera publiée et distribuée internationalement en 2011 par Square Enix (propriétaire et créateur de la franchise Final Fantasy). Il a rejoint dernièrement le sutdio Guerilla Games.

FEW CONTESTS AND ART EVENTS

Depuis 2003, Richard s’est vu attribuer plusieurs prix et mentions lors de divers concours artistiques.

En 2003, son travail de fin d’étude réalisé en graphisme au cégep de Sainte-Foy fut sélectionné pour représenter cette discipline à l’échelle provinciale dans le cadre d’un concours inter-collégial entre les écoles de métiers d’art du Québec organisé par le Musée de la Civilisation du Québec. L’œuvre fut présentée un an au musée lors d’une exposition ayant pour thème « Les Rites de Passages ».

En 2004 et 2005, il participa à deux concours internationaux organisés par CGSociety.org où il se mérita deux mentions honorables pour les peintures numériques Les Chasseurs et La Poursuite. Ces travaux lui valurent des publications dans les livres d’art Machine Flesh et Grand Space Opera aux éditions Ballistic Pulishing.

Toujours en 2004, lors de ses études en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal, Richard remporta le concours Prenez position organisé par le Service des communications de l’UQÀM. Le jury était composé de M. Thomas Corriveau, professeur à l'École des arts visuels et médiatiques, de trois membres de la COOP UQÀM et de trois représentants du Service des communications. Sa peinture sur toile Axe XYZ  fut acquise par la COOP UQÀM et éditée comme couverture de l’agenda officiel de l’université pour l’édition 2004-2005. L’UQÀM comptait près de 41 000 étudiants pour cette période.

« L'illustration de la page couverture de l'Agenda 2004-2005 est l'oeuvre de Richard Dumont, étudiant de première année du baccalauréat en Arts visuels et médiatiques.

L'oeuvre primée est une peinture de dimension imposante qui a tout de suite intéressé les membres du jury par l'audace de sa proposition, sa palette de couleurs lumineuses et sa technique très professionnelle. Richard Dumont a interprété de façon très personnelle et originale le thème de cette année UQÀM, université engagée - Prenez position.

Cherchant un langage pour prendre position, il a utilisé le braille. Son inscription en braille se lit donc ainsi: Axe XYZ, x, y et z étant les trois coordonnées cartésiennes servant à établir une position dans l'espace. »

Angèle Dufresne, Directrice de l'information, Service des communications, UQÀM.

En 2006,  deux séquences vidéo (qu’il réalisa en 2003 et 2004) furent sélectionnées par l’artiste et professeur Grégory Chatonsky pour faire partie de la compilation « Future » coordonnée par les artistes et professeurs Gisèle Trudel et Paul Landon. Le projet fut publié sur DVD en 2006 aux Éditions de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQÀM.

Plus récemment en 2010, Richard fut invité à participer au concours international de création digitale « Share One Planet ». Le concours visait à promouvoir la lutte pour la protection des animaux et fut organisé par plusieurs partenaires dont la China Foundation for the Development of Social Culture, la China Institute of Strategy and Management (CISM), l’International Association of Computer Graphics Artists (IACGA), la China Association for Global Development under the United Nations, LeewiART International Computer Graphic Art Promoting Organization, et la Beijing Imperial Court Development Company Ltd. Les résultats du concours devraient être annoncés le 15 juin 2011. Une exposition est prévue par la suite pour les œuvres retenues.

FEW THOUGHTS

« Pour moi, une image stimule la curiosité par les éléments étranges et mystérieux qui la composent. Voilà pourquoi je privilégie majoritairement des assemblages à caractère fantastiques et futuristes, où se côtoient monstres génétiques, objets maléfiques, les lieux sacrés, lieux hantés, robots, potions, plantes magiques, intelligence artificielle, pouvoirs surnaturels, galaxies lointaines, mondes imaginaires...

Mes personnages sont costumés dans le but de provoquer une narrativité insolite qui emprunte à d’autres temps, d’autres lieux, d’autres croyances. Les vêtements doivent être fonctionnels et cohérents avec l’environnement qui est, quant à lui, marqué par le temps et l’usage, futuriste, fantastique, végétal ou architectural. J’aime les textures et les formes tordues, riches en détail et en vécu. Je traite les lieux comme des sujets, je cherche à leur donner une histoire et une personnalité. Les figures humaines et les objets interagissent avec eux.

Grâce à la lumière, aux couleurs et aux textures, mon travail renvoie à un style de peinture traditionnel, détaillé et impressionniste. Je m’inspire de RembrandtVermeer et Gustave Moreau, car leurs compositions sont équilibrées, stables et harmonieuses, facilitant la réflexion et l’observation.

Conceptuellement et formellement, ce qui m’intéresse en art est d’explorer le phénomène d’interaction qui s’opère entre les idées, les émotions et les sensations.

Pour commenter ce type d’interaction, j’aimerais comparer quelques oeuvres réalisées par Rembrandt et H.R. Giger, deux artistes ayant une approche que je considère (sous certains angles) à la fois très similaire et opposée.

Dans des œuvres de Rembrandt, intitulées Philosoher in Meditation (1632) et Hendrickje Bathing in a River (1654), son coup de pinceau est apparent, riche, texturé, voire chaleureux. On remarque que ces caractéristiques liées à la matière viennent complémenter les symboles de la mise en scène. Cette complémentarité particulière entre le rendu (la touche) et le contenu (la forme humaine) confère à plusieurs de ses toiles une émotion très forte et harmonieuse qui m’a intéressé grandement, notamment au début de mes études.

La création de H.R. Giger, plus particulièrement sa série NYC possède selon moi la même intensité émotionnelle que Rembrandt, mais dans une symbolique et un style très différents. À l’opposé de la touche sensuelle chez Rembrandt, le rendu à l'aérographe de Giger pourrait quant à lui être qualifié de froid, d’industriel, de vaporeux, précis comme un scalpel. Les adjectifs sont complémentaires au sujet (organique, mécanique et cauchemardesque), rendant l’image plus forte émotionnellement.

C’est cette curiosité pour la science-fiction, le fantastique et ce phénomène d’interaction entre le rendu, le contenu et les émotions qui me passionne aujourd’hui et me pousse à poursuivre ma pratique en arts visuels.»

Richard Dumont, avec l'aide de Gisèle Trudel